traces...









Profiter du confinement pour ranger, trier , tous les livres achetés au gré des braderies du secours populaire, parfois en double, et tomber sur cette phrase écrite il y a trente ans, écrite à l'intention de qui ?? De quelle solitude est - elle née ? Comme une bouteille à la mer qui m'arrive à moi qui aime tant Colette, Colette qui m'aide à vivre aujourd'hui ..

petite histoire de confinement suite

j'ai vécu dans cette cabane construite de nos maison, avec les matériaux trouvés sur place, presque 15 ans, au fond des bois, sans eau potable ,sans électricité, sans téléphone, sans FB, sans internet, bien avant la mode bio,  bien avant les Rabhi  et autres écolosbobos, à l'époque on nous traitait d'allumés.....
 le plus intime de mon être est encore là bas...





une petite histoire de confinement

Il me revient en mémoire cet hiver 86
Trois semaines bloqués par plus d'un mètre cinquante de neige
Deux trentenaires et une petite fille de 5 ans, vivant dans la forêt, dans une cabane construite de leurs mains et avec les moyens du bord, c'est à dire peu. Du bois, du grillage à moutons dans lequel nous avions entremêlé les bruyères que nous avions coupées pour dégager l'endroit où construire la cabane, le tout recouvert d'argile récolté sur place, un torchis de notre invention.... Ce choix de matériaux découlait d'une contrainte de taille : un chemin de 2km à peine carrossable nous reliait à la petite route des Corbières qui passait plus haut, à 20mn du village le plus proche. Nous descendions en voiture à mi chemin puis le transport des courses se faisait en brouette !
Le transport de l'eau potable aussi, car nous n'avions ni eau potable, ni électricité, ni téléphone...
Nous sommes restés trois semaines bloqués avec une petite fille dans la neige, pas d' internet, ni de portable à l'époque. Seule la radio à piles nous tenait compagnie. Nous étions habitués à faire des réserves de céréales, d'huile, à faire du pain. Au bout d'une semaine, le père a essayé de rejoindre le hameau à pied mais le froid était vif, la neige avait gelé, il a dû renoncer .
Dans le décor, détail supplémentaire, nous avions un troupeau de brebis à nourrir.
La nuit où la neige était tombée, nous nous étions relayés pour dégager le neige du toit de la cabane de peur qu'il nous tombe sur la tête. Au matin, il avait fallu creuser un chemin dans la neige pour rejoindre la bergerie, à quelques mètres de la cabane.
Nous avions peu de foin, de l'eau à transporter, il fallait couper des branches d'arbres pour complémenter les bêtes.
Nous étions seuls au monde sans aide éventuelle puisque sans contact possible.
La petite fille était ravie de marcher sur les bords de la tranchée sur la neige gelée, elle était du coup à notre hauteur.
Un jour dans le silence ouaté, nous avons entendu le bruit de moteur d'un hélico, quelqu'un au village s'était inquiété de nous. C'était l'armée,. Ils se sont posés, sont venus à nous en rampant dans la neige, avec des baguettes de pain blanc toutes molles, un médecin voulait à tout prix voir la petite fille qui s'était cachée de peur … nous ne voulions pas partir, pour nous tout allait bien, et nous avions les brebis à nourrir, il nous manquait juste du tabac !! ils n'en avaient évidement pas à notre grande déception !!
Cette histoire a fait le tour de la région . On nous a traités d'inconscients. Ce que nous étions peut - être. Nous n'avions peur de rien, notre désir impérieux était de vivre dans et avec la nature.
Nous y avons appris la solitude et découvert nos limites. 


 
la preuve par l'image