quand les poètes ont disparu ......







Monsieur Pirotte, je t'ai toujours appelé ainsi, impossible de me défaire à ton égard de ce respect à présent mêlé de tendresse. Quel bonheur d'aimer non seulement ton style, si personnel, tes mots si précieux, ta rage toujours et encore, mais aussi l'homme. Je suis comme ça, j'aime ceux que je respecte, ceux qui rayonnent d'humanité, ceux dont on peut sans doute admirer l'oeuvre tout en ayant confiance en la personne, qui oeuvre de son mieux dans ce monde où il est si facile en tant qu'écrivain de ne pas regarder, ne pas écouter ses lecteurs... suivez mon regard.
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Par respect pour ta modestie je ne devrais même pas écrire ces mots, toi qui rejetais mon admiration pour tes poèmes, que peut-être je préfère à tes romans. Tu bougonnas que tu n'étais pas poète car, étant avant tout un lecteur insatiable et chevronné, les références dont tu disposes te paraissent inégalables ! Et c'est bien le reproche le plus courant à ton encontre : Pirotte il écrit pas, il cite ! Imbéciles qui te ne lisent pas, qui oublient ou ne savent pas combien d'autres ont fait de même sans toujours citer leurs sources, suivez mon regard...
Tu es un passeur, ceux que tu as aimés tu nous les distilles après les avoir butinés et, cher homme, que ton miel est nourrissant ! je n'ai pas ton admiration pour Dhôtel et les autres, mais je les aime puisqu'ils ont fait ce que je lis de toi aujourd'hui. J'écoute parfois un enregistrement de toi lisant, le musicien que tu es, sait trouver le tempo et ta voix se fait ample et douce sous les mots des autres. Dans une boîte à trésors, comme une midinette, je garde tes lettres, généreusement «gribouillées» dirais-tu, car tu es aussi peintre, complexe et simple le lumineux de tes gris ! Ne perdez plus de temps à lire ce bredouillage admiratif, lisez Jean-Claude Pirotte. N'attendez pas qu'il soit mort, il vous le rendra au centuple.
C.

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