Sur une photo de Felix le Garrec






Benaize aurait dit ma grand mère
A l'aise Breiz dirait on maintenant

Elle est au cœur de la photo. Elle a du cœur à l'ouvrage.
Son cœur de mère, son cœur de femme qui ravaude les mailles de la vie, de cette vie de labeur - labour en breton - et de subsistance.
Labour pour dire, le travail de la terre, de la mer, de l'accouchement.... ma grand mère ne disait pas «j'ai du travail» mais : « j'ai encore de la besogne « version féminine du mot besoin …...
Chose rare aujourd'hui, la photo montre aussi un CORPS à l'ouvrage.
Un corps tout entier .
Des pieds à la tête, plongée dans le filet, qui s'étend autour d'elle comme un pétale géant, sa coiffe est un pistil, ses bras, ses mains, les étamines, ses épaules larges, ses hanches lourdes sous le jupon en font une fleur des dunes âpre et sauvage .
En ce temps – là, le corps était l'outil premier et malgré l'usure, nous restions coquettes et fières.
Qu'importe s'il fallait se lever matin pour s’apprêter.
La coiffe, c'était nous, notre histoire, notre pays, notre langage.
C'était dire à la mer, au champ, à l'usine : nous sommes et nous restons maîtresses de nos corps même en le louant pour quelques sous.
La finesse de nos dentelles affirment, haut et fort , le besoin humain de beauté, de création, d'art pour subsister au delà de l'effort qui travaille les corps.
La beauté de nos calvaires, de nos chapelles, la beauté de nos paysages, de nos costumes, de nos chants, de nos danses … c'est parce que nous avons compris cette nécessité essentielle .
Nous sommes toujours là et pour toujours..... grâce soit rendue au photographe....

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